ADIEU A MA RUE

Dans la rue Rémy Cogghe
Il y a d’abord les bouferka, l’âme de la rue
Avec Hamouda, le maître des mieux
La chaleur de la maman, éminence grise
Le feu d’artifice des enfants
Le sourire derrière la porte qui s’ouvre
La maison fruit du travail et de bien des sacrifices.

Dans la rue Rémy Cogghe, il y a Serge
Avec une grande main pour saluer toute l’Algérie
En souvenir d’une 2 CV qui traversa le Sahara.

Dans la rue Rémy Cogghe, il y a notre «camarade Pascal »
Même si parfois le ton monte ne volez pas son cœur en or
Et si flânant par chez vous
Déprimés par l’état des véhicules blessés
Soyez rassurés
Ses mains de chirurgien gantées de noir cambouis
Les ramènerons à la vie.

Dans la rue Rémy Cogghe
Il y a le voisin de Pascal qui berce son mal du pays
Quand reverrai-je mon soleil, mes oliviers, et Alger la blanche
Mais tombe, tombe la pluie sur les pavés du Nord
Reste avec nous lui chante à l’oreille ses enfants, ses petits enfants, son ami à tête de christ
Mais seul le souffle de l’illusion gonfle la voile de son espoir.

Dans la rue Rémy Cogghe, il y a la maison de maître, maintenant palais de justice
Vestige d’un Roubaix fastueux
Avec son jardin et le ruisseau qui batifole
Entre roche et gazon, caressé par le saule pleureur
Avec les anciens qui partagent la nostalgie du passé sur les bancs publiques
Et les enfants qui usent leurs fonds de culotte sur le toboggan
Se foutant pas mal de l’avenir.

Dans la rue Rémy Cogghe, il y a Talby
Mais là le vêtement s’envole et c’est un guerrier en treillis
Et  tac, tac, tac
Ah ! Quand j’étais para… Tu me feras mon portrait dis…
Avé les médailles… Avé les médailles
Entrez dans la maison en vous faufilant par le couloir
Mais déchaussez-vous en savourant la douceur du tapis de haute laine
La maîtresse de maison trône dans un conte de mille et une nuits
Saluez-la respectueusement, puis éloignez-vous en fermant discrètement la porte
Le bon génie d’Aladin ne s’échappera pas.

Dans la rue Rémy Cogghe
Il y a Dominique et sa petite famille dans la belle maison bourgeoise
Faites sonner les grandes orgues de Saint Eustache
Avec lui la musique entre chez nous.

Dans la rue Rémy Cogghe
Il y a la maison de la misère avec son œil borgne de carton
Avec ses emménagements     Avec  ses déménagements
Une pitoyable famille en sort et s’entasse dans la voiture
Maman a trop travaillé Papa courbe les épaules
Et les enfants sont trop nombreux
Le véhicule bringuebalant les emporte je ne sais où.

Oh Dieu de la pauvreté
Faites que derrière ce rideau sale un jeune couple s’aime tendrement
Conçu ce jour, un petit prince s’éveillera à la vie

Dans la rue Rémy Cogghe
Il y a les soirées d’été qui balancent entre douceur et orage
Avec sur le trottoir les jeunes Maghrébins
Qui refont le monde dans des discussions passionnées
De l’autre coté, une bande d’Européens sirotent leur pastis
En bavardant de tout et de rien.

Dans la rue Rémy Cogghe
Un habitant du quartier marche allégrement
Je ne connais pas son nom
Nous l’appellerons monsieur « joyeux »    (si vous le voulez bien)
Merci monsieur joyeux de votre bonne humeur.

Dans la rue Rémy Cogghe
Il y a une fenêtre qui éclaire la nuit
La fumée bleutée de l’inspiration s’échappe
Le rythme d’un pas rompt le silence nocturne
Et l’homme intrigué rêve,
Par une curieuse alchimie
Pour un instant, un instant seulement, la grisaille du temps s’illumine.

L’œil du maître – autoportrait

CHANT D’ADIEU A MA RUE
               Il y a ceux qui sont là,
                       Ceux qui ont été,
                       Ceux qui seront,
Et moi qui te dis que je t’aime    Et moi qui te dis que je t’aime encore,
                Je te dis « ADIEU ».

EPILOGUE en repassant par là, il n’y a plus de maghrébins, plus noirs, plus de blancs,
                           Il n’y a plus que des Français multicolores.

Denis Glorieux

LILLE FÊTE DE LA MUSIQUE

Enoha sur le parvis de l’église Saint-Maurice

Pour cette année 2020 bien particulière, il n’y avait pas la possibilité du concert publique. En revanche, les musiciens motivés étaient autorisés à jouer, de-ci de-là, dans les rues et sur les places publiques, ainsi que dans les bars. C’est le cas de Lino et Enoha qui n’ont pas raté cette occasion inespérée. D’abord installés, en milieu d’après-midi, sur le parvis de l’église St Maurice , ils ont trouvé un refuge au bout de la rue piétonne, des Débris-Saint-Etienne, le long de la vitrine d’un magasin de prêt-à-porter. ▪L.M.

Bien à l’abri, Enoha et un ami équatorien.
Extrait: Lino interprète “Wish You Were Here” (Pink Floyd) rue des Débrits-Saint-Etienne

ILS ONT CHANTE POUR LA FONDATION RAOUL FOLLEREAU

VILLENEUVE D’ASCQ. Bien que la lèpre ne soit plus une priorité de santé publique pour l’OMS, elle continue d’être présente dans 143 pays. Prés de 210 000 nouveaux cas dans le monde en 2018, 1 cas dépisté toutes les 2 minutes…Une cause à ne pas laisser tomber.

Une journée mondiale de la lèpre est prog ramée chaque dernier dimanche de janvier. Pour cette 67 éme édition, l’association « Ajun chantre de-c i de-là » avait organisé un concert au profit de la Fondation Raoul Follereau en l’église Notre-Dame à la Cousinerie. Cette jeune association, fondée en 2017 à l’initiative d’Olivier Fontaine, a pour objectif de réunir interprètes et public autour de la chanson et des musiques traditionnelles ou populaires. Ils étaient quatre musiciens d’origines différentes à reprendre des grands standards de la chanson dans leur langue natale en s’accompagnant à la guitare : Enoha italien avec ses compositions, Joseph Taquet français, Lino Marty français également, fervent admirateur de Bob Dylan, et José Manuel, du Pérou, avec une magnifique interprétation de l’hymne à l’Amour d’Edith Piaf.
Un concert en d eux parties, entrecoupé d’un goûter préparé par des guides de France, qui assuraient également la billeterie et l’ accueil. ▪D.A. (CLP) La Voix Du Nord 3 février 2020

Extraits:

Enoha : “Faut Plus Approcher”
Joseph TAQUET: “Cette Chanson” de Léo FERRE
José Manuel: ” Quand On a Que l’Amour” de Jacques BREL 

RENCONTRE AVEC LE CHANTEUR ET COMPOSITEUR «ENOHA »

« Enoha » bonjour ! Merci à toi de bien vouloir te prêter à cette petite interview pour enrichir notre blog. »

« Tu es passionné, comme moi, par la musique. Comment cela a-t-il démarré pour toi…? »
« J’ai d’abord commencé par chanter. Essentiellement des reprises (les “Doors”…). J’ai même fait parti d’une chorale où je chantais du ‘’Gospel’’. Ensuite j’ai découvert la MAO (musique assistée par ordinateur) et cela m’a beaucoup intéressé et donc je m’y suis initié. J’ai découvert que l’outil était vraiment performant pour composer et développer son propre son. Du coup je m’y suis mis. »

«Pourquoi as-tu voulu apprendre la guitare à un moment donné et joues-tu d’autres instruments ?»
«J’ai fait le choix de la guitare parce que je me sens bien avec la sonorité de l’instrument qui se prête bien au style de son que je souhaite faire. je compose avec une guitare acoustique et une autre électrique. J’utilise aussi un petit synthétiseur.»

«Tu as une composition en ligne (‘’Youtube’’) sur l’Afrique .Comment est venue cette passion pour le ‘’Reggae’’ et l’Afrique du coup ? »
« Il y a une époque ou j’ai beaucoup écouté Bob Marley. J’avais un CD de lui que j’écoutais très souvent. En fait je ne cherche pas vraiment à faire du Reggae. C’est plutôt que ce style de rythme convient a mes compositions. On pourrait qualifier ma musique de “World-Music” »

« Y a-t-il d’autres chanteurs ou groupes qui ont compté aussi pour toi ?»
Oui ’’Dead Can Dance’’ par exemple et ‘’The Week-End’’. J’aime bien écouter aussi comme toi ‘’Bob Dylan’’.»

« Quels sont tes désirs musicaux actuels et à plus long terme ? »
«J’aimerais sortir un enregistrement professionnel. Je travaille en ce moment sur une maquette avec laquelle je vais pouvoir démarcher et contacter des ‘’labels commerciaux’’. J’ai la chance de connaître une personne qui pourrait me mettre en rapport avec un de ces labels: “6 et 7”. »

« Comment procèdes-tu pour imaginer et réaliser une composition ? Combien de temps en moyenne cela te prend-t-il ? »
« Je pars En générale d’une idée qui me vient. Et aujourd’hui avec l’expérience la composition s’élabore à partir de l’idée en une journée, voir deux heures, certaines fois. »

« Ce temps de confinement a-t-il changé ta façon de travailler et de te produire ? »
« Oui en ce temps spécial de confinement je me suis fixé une compo par jour. La dernière ‘’Since Now’’ est ma neuvième ! Quand la compo est aboutie et enregistrée j’en fais une vidéo. Je me mets alors en scène dans mon appart face à une caméra sur pied. Je fais alors une sorte de play-back devant l’objectif. Ensuite je passe par un logiciel pour assembler images et bande-son. Est-ce que tu connais ma chaine sur Youtube ? »

« Oui je la connais, les premières compos que j’ai regardé, si je me souviens bien, étaient “Chalala Africa”, “Spirit of Noël” aussi et “II Y Aura” qui est spéciale puisque c’est une compo en live, n’est-ce pas ?»
« oui c’est vrai, sur ce titre, je compose en direct devant la camera ! »

C’est la fin de cette interview Encore merci à toi ENOHA et à bientôt.

L.M.

“Chalala Africa”, 26 janvier 2020, église Notre Dame -quartier Cousinerie -Villeneuve d’Ascq -59, concert solidaire à l’occasion des 67éme journées mondiales contre la lèpre  (Fondation Raoul Follereau)

A propos de “LITTLE JOE THE WRANGLE”

Au travail comme au repos le cowboy chantait en solo sans accompagnement d’une voix monocorde proche du récitatif sur un rythme lent et calme qui exprimait souvent des sentiments langoureux et nostalgiques. Il chantait autour des feux de camps, dans les “bunkhouses” ou dortoirs des ranchs ou encore dans les saloons. Sur la piste, certains emportaient un harmonica (mouthorgan) ou une guimbarde (jew’s harp) Tiré du livre: ʺ LES CHANSONS DES COW-BOYS ʺ Guy Dubois, éd. l’Harmattan

Cette chanson raconte l’aventure d’un jeune cavalier solitaire,”Little Jo”, probablement dans le sud des Etats-Unis . Little Joe décide un beau jour de quitter le giron familial trop pesant pour lui, espérant “voler de ses propres ailes”. Il se trouve qu’il est accueilli dans un ranch où, n’ayant aucune expérience auprès d’un troupeau de vaches, il apprend le métier d’écuyer; c’est-à-dire qu’on lui montre comment faire avec les chevaux du ranch : les connaître chacun par leur nom ; les regrouper et les rentrer avant la tombé du jour si possible; et par sécurité toujours être relié aux autres pendant le travail par une corde ; enfin apporter de l’aide aux tâches domestiques durant le campement. Au cour d’une expédition le groupe se fait surprendre par un vent du nord violant qui se lève soudainement. Le troupeau fait soudain une embardée et devient incontrôlable. Notre écuyer, Little Joe, montant “Old Blue Rocket”, vient aider alors les autres à contenir les bêtes de tête.. Mais le soir au camp, “Little Joe” manque à l’appel.C’ est le lendemain que l’équipe aperçoit sa dépouille et celle de son cheval “Old Blue” en contre bas au fond d’un ravin…Little Joe avait-il oublié dans l’urgence la consigne de sécurité ?

L.M.

“Little Joe The Wrangler”

Cpl1) It was little Joe the wrangler, he’ll wrangle never more. His days with the cavvy they are done. ’Twas a year ago last summer he joined the outfit here, just from a little Texas stray and just alone. Well it’s long late in the evening when he rode up to the herd on o little brown pony he called Chaw. With his broken shoes and overalls, a tougher lookin’ kid, well I never in my life had seen before.

Cpl2) His saddle was a southern kack built many years ago, and an O. K. spur from one foot idly hung; while a hot roll in the cotton sack was loosely tied behind and a canteen from the saddle horn was slung. He said he had to leave his home, his ma had married twice and his old man beat him ev’ry day or two. So he saddled up old Chaw one night and lit a chuck this way, thought he’d try and paddle now his own canoe.

Cpl3) Said he try and do the best he could if we’d only give him work but didn’t know straight up about a cow. But the boss, he cuts him out amount and kinder put him on ’cause he sorta like that little stray somehow. Thought him how to herd the horses and to know them all by name and to get them in by daylight if he could, and to follow the chuck wagon and to always hitch the team and to help the cocineros rustle wood.

Cpl4) ’Tween  the streaks of lithnin’ we could see that horse out ahead, it was little Joe the wrangler in the lead. He was ridin’ old blue Rocket with his slicker ’bove his head, atryin’ to checkthem  lead cows in their speed, well, we got them kind amillin’ and sorta  quieted down, and the extra guard back to the camp did go. But one of them was missin’, and we all saw at a glance ’twas our little lost herder wrangler wrangler Joe.

Cpl5) Next mornin’ just at sunup we could see where Rocket fell down in a washout fort feet below beneath his horse mash to a pulpe his spurs had ring the bell for our little lost herder wrangler Joe.

LE 28 AVRIL EGLISE NOTRE-DAME

CONCERT SOLIDAIRE EGLISE NOTRE DAME VILLENEUVE D’ASCQ

Nous formions un petit groupe sympathique, ce dimanche 28 avril, dans la belle église du quartier de la Cousinerie. José Manuel, accompagné de Jaime, et Lino ont  pu nous faire entendre de trés belles chansons. Un grand merci à eux, ainsi qu’ à tous les participants et organisateurs de cette magnifique aprés-midi. Nous souhaitons un bon succés au projet de solidarité d’ Augustin, Louis, Pierre, Victor et Williams.  Voici deux extraits audios: “Blowin’ In The Wind*”, chanson d’ouverture, par Jose Manuel et Lino  et“Guantanamera**”, chanson de clôture, avec la collaboration de Jaime et Moktar. Aussi, vous trouverez d’autres extraits audios et d’autres photos en cliquant sur “28 AVRIL” et “28 AVRIL+”dans le menu.

*Bob Dylan, ** Jose Fernandez Diaz

 

A propos de “The Little Old Sod Shanty On The Claim”

“The Little Old Sod Shanty On The Claim” évoque les déboires d’un jeune immigrant célibataire sans soucis {bachelor so gay}  venu  s’installer, autrefois, dans les Grandes Plaines de l’Ouest des Etats-Unis. Un colon d’Amérique. Un pionnier. Un métayer qui rencontre des conditions de vie précaires et hostiles. Il habite une petite cabane au milieu de sa ferme, {old sod shanty on my claim} qui le  protège insuffisamment du vent glacial du Nord{howling blizzard} .Les vivres parfois lui sont insuffisantes  {my vittles are not always served the best}. Finalement, tout ceci se révelle peu de chose comparé au gain de la liberté qu’il trouve dans l’Ouest{ I wouldn’t give the freedom that I have out in the West for the table of the Eastern man’s old home}.Et il espère bien rencontrer, un jour, une jeune fille, humble et courageuse, { Still I wish that some kind hearted girl would pity on me take…}et avec elle fonder un foyer, leur foyer.

 

“The Little Old Sod Shanty On The Claim”

Cpl1)  I’m looking rather seedy now while holding down my claim, and my vittles are not always served the best. And the mice play shyly round me as I nestle down to rest, In my little old sod shanty in the West.

Ref)   Oh, the hinges are of leather and the windows have no glass; the boards they let the howling blizzard in. You can see the hungry coyote as he slinks up in the grass, round my little old sod shanty in my claim.

Cpl2)  I rather like the novelty of living in this way, though my bill of fare is always rather tame. But I’m happy has a clam in the land of Uncle Sam, in my little old sod shanty on my claim

Cpl3)  Oh, when I left my Eastern home a bachelor so gay, to try and wind my way to wealth and fame, I little thought I’d come down to burning twisted hay, in the little old sod shanty on my claim.

Cpl4)  My clothes are plastered o’er with dough, I’m looking like a fright and ev’rything is scattered ‘roud the room. But I wouldn’t give the freedom that I have out in the West for the table of the Eastern man’s old home.

Cpl5) Still I wish that some kind hearted girl would pity on me take and relieve me from the mess that I am in.The angel how I’d bless her if this her home she’d make, in the little old sod shanty on my claim.

Cpl6)  And if kindly fate should bless us with, now and then, an heir to cheer our hearts with honest pride and fame. Oh, then we’d be contented for the toil that we had spent, in the little old sod shanty on our claim.